Je suis née en 1970, par accident. A l'époque, ma mère avait 20 ans et était célibataire. Elle vivait chez ses parents, des chrétiens stricts et légalistes qui, pour sauver l'honneur de la famille, ont envoyé ma mère accoucher en cachette dans un petit village perdu dans l'Ardèche. Ma mère a pleuré pendant toute sa grossesse. Elle ne me voulais pas. Non pas parce qu'elle ne voulait pas d'enfant, mais parce qu'elle vivait dans une famille très stricte (comme beaucoup de jeunes filles de cette époque), qu'elle était à peine majeure et pas mariée. Elle m'a avoué un jour, sans se rendre compte que ça me faisait de la peine, qu'elle avait sauté dans les escalier pendant qu'elle m'attendait pour que je me décroche, mais "rien à faire, tu étais bien accrochée!" disait-elle. J'aurais préféré ne pas le savoir. J'avais mal de réaliser que je n'avais pas été conçue dans l'amour et que ma mère et mon père ne me voulaient pas. C'est terrible pour un enfant de se construire en se sentant rejeté dès sa conception. Mais je sais aussi que si j'avais vécu la même chose à la même époque, j'aurais été aussi désespérée au point de vouloir me débarrasser de ce bébé. Je vous avoue que je lui en ai voulu pendant quelques années, mais qu'avec le temps, j'ai vu les choses différemment et que, grâce à mes guérisons, je lui ai pardonné sa maladresse.
Peu après l'accouchement, ma mère est rentrée chez ses parents, elle a mis une alliance à son doigt et, aux gens qui posaient des questions indiscrètes, elle répondait qu'elle était veuve. J'ai donc été élevée chez mes grands-parents pendant mes deux premières années. Ils étaient adorables avec moi. Ils avaient beau avoir été durs avec ma mère, je savais qu'ils nous aimaient et que c'était l'époque qui voulait ça. De nos jour, les mères célibataires sont perçues comme des héroïnes et non comme des "Marie couche toi là" mais en 1970 ça n'était pas la même chose!
Quand j'ai eu 2 ans, ma mère a fait des recherches pour retrouver mon père. Elle estimait qu'il devait me reconnaitre et assumer sa paternité. Elle nous a présentés et ils se sont mariés, non par amour mais pour rétablir leur situation. Après leur mariage, quand j'allais dormir chez mes grands-parents le mardi soir, ma mamie me lisait des histoires bibliques. Elle me parlait de Dieu, de Jésus, d'Adam et Ève et de plein d'autres personnages de la bible tous aussi passionnant les uns que les autres. J'aimais entendre parler de Jésus. Je savais qu'il m'aimait et qu'il me protégeait tous les jours. Mon père, lui, ne voulait rien savoir de Dieu et ne voulait surtout pas en entendre parler sous son toit. J'ai donc grandi en me cachant sous mes couvertures pour lire les petits livres chrétiens que ma grand-mère m'offrait à son insu car il était violent et injuste envers nous. Ma mère avait trop peur de lui (et du jugement de ses parents aussi) pour dire quoi que ce soit... Alors mon frère et moi subissions en silence. Un jour ma mère m'a même confié qu'elle n'aurait jamais eu le courage de le quitter et de rentrer chez ses parents avec ses enfants et sa valise sous le bras, tellement elle se sentait coupable de leurs avoir fait autant de mal. Elle m'a dit "je sais, c'est lâche, mais je ne pouvais pas..." j'imagine ce qu'elle a dû endurer pour préserver l'honneur de sa famille...
A l'extérieur, c'était un homme adoré de tous, généreux, chaleureux, sociable avec beaucoup d'humour... Mais chez nous c'était un tyran, égoïste, calculateur, manipulateur, irrespectueux, humiliant et violent, tant dans ses mots que dans ses gestes...
Le pire de tout, c'est qu'il me faisait subir des attouchements. Il le faisait quand il me donnait mon bain ou pendant ma sieste. Il me rassurait en me disant que c'était parce que j'étais sa préférée et que tous les papas et les petites filles le faisaient. En grandissant, il est devenu de plus en plus exigeant, puis un soir, il m'a violée. Il a fait ça pendant de longues années. Il devenait de plus en plus violant, de plus en plus sadique... Je n'en pouvais plus, je voulais mourir pour ne plus souffrir, mais dès que je pensais à me supprimer, je me souvenais de ce que ma grand-mère m'avais dit un jour en parlant d'une femme qui s'était donnée la mort: "Elle n'avait pas le droit de se supprimer; il n'y a que Dieu qui aie le droit de vie ou de mort sur nous. Elle ira en enfer!". Cette phrase résonnait sans cesse dans ma tête. Je ne voulais pas être privée de le présence de Dieu pour l'éternité. Je voulais aller au paradis et revoir les gens que j'avais tant aimés et qui m'avaient quittée. Je me suis dite alors que je devrais peut-être en parler à quelqu'un, mais à qui? ma mère? Non, elle était trop aveuglée et "sourde" à mes complaintes. Mes copines? Hors de question, trop risqué, elles en auraient parlé à tout le monde à l'école, j'avais trop honte de moi... Mais alors à qui?!
Mon père a du se rendre compte que je cherchais à me délivrer de cette situation car, un soir, en repartant de ma chambre, il m'a balancé en me regardant méchamment: "Si tu vas tout raconter à ta mère, elle me quittera sans doute, mais elle sera tellement blessée et dégoutée par ce que "tu" lui a fait, qu'elle partira avec tes frères et soeurs et qu'elle t'abandonneras toi aussi. Normal, qui voudrait d'une fille comme toi?! Tu resteras toute seule avec moi et je ferai ce que je veux de toi... alors t'as intérêt à la fermer! ". Ce qu'il venait de me dire me faisait bien plus mal que tout ce que j'avais subie jusqu'à présent. Alors je me suis dit que je devrais peut-être le tuer pour être enfin débarrassée de lui. Une nuit, j'ai mis un couteau sous mon matelas et je l'ai attendu. Je me suis dit "quand il aura fini, il s'endormira et là je passerai à l'action...". Le soir venu, il m'a rejointe et après qu'il se soit endormi, je me suis dit "allez, courage, prend le couteau discrètement et plante le lui dans le dos...". J'étais terrorisée! Je tremblais de tous mes membres... J'avais tellement peur de rater mon coup, que j'ai prié de toutes mes forces pour que Dieu me donne la force d'aller jusqu'au bout.
Et là, Dieu a répondu. J'ai entendu au fond de mon coeur: "si tu le tues, ta vie sera brisée pour toujours. Tu grandiras avec ça sur la conscience et tu seras malheureuse. Patience... Un jour, tu seras grande, tu deviendras une femme, il ne pourra plus rien te faire, tu seras libre! Tu pourras partir te marier, avoir tes enfants et tu seras heureuse... Ne t'inquiète pas, je suis là, je veille sur toi..."
J'ai renoncé à mon geste et me suis endormie tant bien que mal. Dieu a vu que j'étais à bout et prête à commettre l'irréparable. Alors il a décidé de ne pas m'éprouver au-delà de mes propres forces et Il m'a délivrée de mon bourreau.
J'ai eu l'opportunité de raconter mon calvaire à une amie de ma mère et à ma tante (sa soeur). Mon père est allé en prison et nous nous sommes enfuis loin de lui pour vivre enfin tranquilles. J'avais 15 ans.
J'ai roulé ma bosse un peu partout, pendant des années, sans foi ni lois, me disant que j'avais assez souffert, que je devais profiter de la vie et que je penserais à Dieu quand je serais vieille, juste avant de mourir.
A 18 ans et 1/2, j'ai rencontré un homme. Nous avons vécu ensembles en union libre pendant 5 ans durant lesquels nous avons eu deux enfants. Pendant tout ce temps, je ne pouvais m'empêcher de penser au Seigneur; il m'arrivait même de chanter des cantiques que j'avais appris quand j'étais petite... Mais je refusais d'entendre parler d'aller à l'église. Et puis un jour, alors que je traversais une période très difficile (chômage, dépression, obésité, sur-endettement, crise de couple), un collègue de travail, qui était aussi pasteur, a annoncé l'évangile à mon ami.
Il est rentré tout enthousiasmé à la maison en me disant: "J'aimerais bien aller à leur église ce dimanche. Ecoute, ça ne nous coûte rien d'aller juste jeter un coup d'oeil!? si ça ne nous plait pas, on s'en va et on n'y retourne plus. Promis." Le dimanche venu, nous y sommes allés avec nos enfants. Au début j'étais méfiante, fermée, voire très froide. Et puis le seigneur m'a parlée au travers du pasteur. J'étais abasourdie d'entendre tout ce que cet homme disait! Il décrivait ma vie en long en large et en travers! C'est alors que Dieu a brisé mon coeur. Il m'a montré mon péché et ma vie misérable sans lui. J'ai ouvert grand mon coeur dévasté et j'ai pleuré pendant des heures sur moi, mon passé, mes blessures, ma vie vide de sens... Dieu a séché mes larmes, il a restauré mon coeur, mon corps, mon âme et m'a montré combien il m'aimait et combien ma vie était importante pour lui.
Mon compagnon et moi nous sommes mariés devant Dieu au bout de 7ans de galère! le chiffre parfait pour révéler sa grâce
^^. Depuis, je marche avec Dieu et je lui rends grâce pour tout ce qu'Il a fait dans ma vie. Il m'a amenée à de grandes victoires et à de grandes guérisons dans mon corps et dans mon coeur. Grâce à Lui, envolés les cauchemars qui me réveillaient en pleurs au beau milieu de la nuit, terminées les craintes de m'abandonner dans les bras de mon homme. Oublié ce sentiment de culpabilité inexpliqué, cette honte de moi, cette haine de mon corps... Ma vie est transformée.
Aujourd'hui, à 37 ans, je suis une nouvelle femme."Toutes choses sont nouvelles". Je dis un grand merci à Jésus. je Lui serai éternellement reconnaissante car Il est mon sauveur et mon seigneur.
Si j'ai écrit ce témoignage, c'est pour que les femmes qui vivent ou ont vécu la même chose que moi ne se désespèrent pas et sachent que Dieu guéri tout en son temps.
Que Dieu vous bénisse autant qu'il m'a bénie.
♥SaNDRiNe♥
___________________________________________________________________________________
Voici ce que je rajoute à ce jour 09/04/08, à l'intention de la soeur de ma mère qui essaie par tous les moyens de semer le trouble entre ma mère et moi:
Ce témoignage n'est pas là pour faire le procès de ma mère ou de ses parents (que j'aime tous profondément), mais juste pour témoigner positivement de tout ce que Dieu à fait dans ma vie.